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Roland sent qu’il a perdu la vue,

Il se redresse, s’efforce autant qu’il peut;

Son visage a perdu ses couleurs.

Il a vu devant lui une pierre:

Par douleur et par ranoune il y frappe dix coups;

L’acier grince, mais il ne se brise ni ne se laisse entamer.

Eh! Durendal, que malheur pour vous!

Dès l’instant où je suis venu à ma perte, je n’ai plus souci de vous.

J’ai vaincu tant de batailles rangées avec vous.

Et conquis tant de grandes terres

Qui sont en la possession de Charles, a la barbe chenue!Que jamais ne vous ait un homme qui s’enfuie devant un autre!

C’est un très bon guerrier qui vous a lontemps eue en sa garde;

        Il n’y en aura jamais de tel en la sainte France.>>

Cette <CHANSON DE GESTE>, la plus ancienne et la plus connue de la littérature francaise,chante en 4002 octosyllables et 291 <>(strophes de longueurs inegales); la<>, c’’est-à-dire les exploits, de Roland, neveu de Charlemagne, face aux Infidèles.

La chanson de Roland nous a été transmise par un manuscrit célèbre, conservé à Oxford. Malgré sa qualité et son ancienneté, le texte d’Oxford n’est qu’une copie, parfois fautive. Nous pouvons seulement dire que ce manuscrit repris par les éditeurs les plus accessibles au public présente la version la moins deformée de ce que fut la chanson originale. De nombreux indices permettent seulement de le situer vers la fin du 11e siècle, dans l’atmosphère de la première croisade.On ne sait rien de son auteur, qui est peut-être l’énigmatique Turoldus mentionné dans le dernier vers :

Devant la menace d’invasion, Marsile, le roi musulman de Saragosse, a offert de se convertir. Pour mener les négociations, Roland propose d’envoyer son beau-père Ganelon dans le dessin de l’honneur; mais Ganelon ne voit que le danger de cette ambassade et, pour se venger de Roland, s’engage dans la trahison: sur ses conseils, Marsile attaque l’arrière garde de l’armée chrétienne où se trouvent Roland et son ami Olivier. Roland, par point d’honneur, refuse d’abord de sonner du cor pour rappeler Charlemagne.Quand il s’y résigne après un combat gigantesque, il a trop attendu.Il est bientôt seul face aux païens qui n’osent l’approcher, bien qu’il soit blessé à mort. Après avoir tenté de briser son epée, il s’etend sous un pin pour mourir, songeant à Charlemagne,<> et<>.Il n’a pas une pensée pour la belle Aude, sa fiancée, qui pourtant mourra de chagrin. Charlemagne le venge en ecrasant les Sarrasins, et Ganelon est écartelé après un <> dans lequel le champion de Roland l’a emporté sur celui du traître, rendant ainsi manifeste le jugement de Dieu.

La chanson de Roland est à etudier comme l’expression la plus accomplie des valeurs morales du monde feodal(culte de l’honneur et piété) auxquelles le merveilleux épique donne ici tout leur éclat.

Après lu ce texte, je sens qu’il existe les liens étroits entre la feodalité et la religion. Le monologue interieur de Roland qui occupe une grande part de ce passage nous permet de decouvrir un certain nombre de motifs qui correspondent à des principes feodaux. Dans ce monologue, le rappel de ses conquetes n’est pas un signe d’orgueil de Roland, il montre que Roland est fier d’avoir accompli le devoir envers sa famille, son seigneur et son pays. Il fait partie d’une famille, d’un lignage, dont la renommée et la gloire exercent des influences profondes sur lui, et qu’il lui faut illustrer par ses actes. Il ne cherche pas la gloire pour lui-mûme, il se bat pour la foi.

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